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dimanche 20 septembre 2020
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La Côte d’Ivoire entre démocratie et ruecratie

La Côte d'Ivoire entre démocratie et ruecratie

La Côte d’Ivoire entre démocratie et ruecratie

La Côte d’Ivoire entre démocratie et ruecratie…. Lu pour vous sur facebook…

ET BIM, LE GOÛT DE LA DICTATURE
Vous dormez paisiblement. Un matin, au reveil, vous êtes inondé. Au départ, vous vous dites : « c’est un cauchemar ». Et lorsque in extremis vous mettez les pieds dehors, vous vous rendez compte que ce qui apparaissait comme un rêve lointain est désormais une réalité, chez vous.
La saison est ouverte. Les rues ivoiriennes sont infectées par ce désastre. Un virus. Ce n’est pas le Corona mais une dictature, douce. Avec le symptôme de la peur dans l’opinion. La pandémie a commencé ti-mi-de-ment par la caporalisation des mots. Les maux se sont décuplés. Désormais, l’ombre du citoyen lui fait peur – à lui-même. Des proches, encore sincères, lui chucottent de se taire, sinon sa carrière et ses business risquent de prendre un coup. C’est le moindre mal devant ceux (ou celles) qui ont été jeté en prison où contraints à l’exile.. Certains pour « insulte » au chef de l’État. D’autres pour avoir eu l’idée d’une tentative de déstabilisation du régime.
Bienvenue dans la « OUATTARI ». Ce pays magique où les ponts et les routes sortent de terre à double vitesse. Un État où l’économie progresse à deux chiffres. Une destination où l’indice de sécurité est similaire à celle de la Suisse. Avec le leadership éclairé d’un homme providentiel. Forcé par le destin à continuer de diriger le navire ivoire à cause de son grand amour pour la Côte d’Ivoire et pour les ivoiriens.
La côte d’ivoire a connu tous les phénomènes : grève, marche, meeting, sitting, prise d’otage, tentative de coup d’état, mutinerie, rébellion, crise post électorale, deux chefs d’État… Aujourd’hui, elle complète sa liste avec la dictature. Avec son corollaire de pensée unique et de parti État. Ceux et celles qui ne souscrivent pas à cette dynamique sont contraint(e)s à céder le tabouret. Le reste du contingent doit subir le courroux et les desiderata du grand Chef. Comme ce fut le cas, hier, en RDC avec Mobutu, en Gambie avec Jammeh…
Ce schéma était prévu d’avance. Préparé minitieusement. D’ailleurs, le ministre de la défense l’avait dit haut et fort : « C’est bouclé, c’est géré ». On comprend son OPA sur Abobo (Commune au Nord d’Abidjan, ancienne base du commando invisible). Et la mise en place de groupes privées de sécurité ainsi que l’achat d’armement de guerre. Le bracage des partis politiques alliés d’hier et la défiguration de l’opposition politique (et de la societé civile). L’instrumentalisation de la justice et des institutions. La confiscation de la Commission Électorale (CEI) et le contrôle des médias (principalement des télés publique et privée). Le bradage des biens aux puissances étrangères… Vive l’ECO !
Nous sommes en Août 2020, c’est la saison des pluies. Tout porte à croire que les ponts du régime d’Abidjan sont solides et que le processus enclenché est irreversible. Le soleil des indépendances arrivent pourtant. À dose homéopathique, parce que le (petit) peuple, quoique vulnérable et silencieux, a faim de liberté et de démocratie.
Moustapha MAIGA
Journaliste indépendant
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