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samedi 15 août 2020
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Cherchons la démocratie, pas l’alternance, le cas ivoirien avec la confirmation du président Ouattara

Cherchons la démocratie, pas l'alternance, le cas ivoirien avec la confirmation du président Ouattara

Cherchons la démocratie, pas l’alternance, le cas ivoirien avec la confirmation du président Ouattara

Le niveau d’inconséquence de notre opposition et de notre société civile est affligeant. Le cas ivoirien avec la confirmation par le président Ouattara de ne pas conduire le RHDP à la présidentielle en tant que candidat a suscité un enthousiasme, qui parce que recherché et souhaité, devrait plutôt interroger.

Première chose, l’alternance n’est pas une preuve de démocratie. Elle est cependant nécessaire dans le cadre de la circulation des élites.

Mais la circulation des élites porte bien son nom. Elle ne concerne que des « élites », c’est-à-dire bien souvent, un entre-soi trié sur le volet, pas forcément sur la base de la popularité ou de la compétence. Les élites ne font que circuler. En la matière, il y a reproduction des dites élites du point de vue symbolique – cercles des obligés, mais surtout du point de vue biologique – ceci est un hommage au Dr Adamou Ndam Njoya.

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L’alternance peut donc déboucher sur une multiplication des postes. Dans les pays africains ce sont souvent des postes de corruption, de prébendes. Le mouvement de chaises musicales fait alors le lit de la multiplication des « gangs », pour reprendre une image récemment convoquée par un éditeur camerounais.

Construire une démocratie, si on veut être sincère, n’est pas revendiquer la place du dictateur désigné et de promettre d’être un deus ex machina, le moteur chargé de montrer la voie au peuple contraint.

La démocratie authentique, à défaut d’être directe comme sous Kadhafi en Libye

La démocratie authentique, à défaut d’être directe comme sous Kadhafi en Libye, est un renforcement des capacités des populations à comprendre les enjeux. Il est question de convaincre le plus grand nombre de nos concitoyens qu’ils sont de la même tribu humaine, qu’ils ont le même intérêt à être ensemble pour pouvoir manger à leur faim, se soigner, avoir accès à une éducation de qualité pour leurs filles et leur fils ; que la paix n’est possible qu’ensemble.

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Les slogans telles que « Biya must go », ou « Tout sauf Kabila », les « Sassoufit », les « Bongo est un étranger » sont des incantations fabriquées par de nouveaux Biya, de nouveaux Kabila, de nouveaux Sassou N’Guesso ou des Faure Gnassingbé refoulés qui, en faisant l’économie de la formation des citoyens, se destinent à remplacer la situation actuelle par d’anciennes méthodes autocratiques autrement plus frustrantes puisqu’elles sont drapées des oripeaux du « Changement » de têtes et pas de fond.

Le pire est qu’ils soient tout ce qui précède et qu’en plus, qu’ils aient une connaissance approximative du pays et des contraintes, en un mot qu’ils soient des dirigeants affaiblis par le manque de consistance qui suit une formation personnelle complaisante et brouillonne.

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Ce n’est pas ma vision de la démocratie. La démocratie est une contrainte, un effort, un sacerdoce, une entreprise à la fois intellectuelle et physique qui ne s’accommode pas de la propagande entendue comme désinformation. Toute tentative de manipulation est une sincère remise en cause de la démocratie qu’on claironne pourtant.

L’Afrique a désormais besoin d’hommes politiques qui travaillent non pas à DONNER le pouvoir au peuple, mais à ENCOURAGER le peuple à PRENDRE le pouvoir et à l’EXERCER souverainement, de la salle de classe, au village/quartier, à la province, au pays, au continent voire au monde.

Par Wlliam BAYIHA